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« Dans les cavernes qui ont été ses premiers abris, l’homme dessine sur les parois les objets de son désir et de sa lutte pour la vie. Le concept surgit dans la vie d’êtres qui sont chasseurs et nomades. Sans doute peut-on montrer le plus clairement ce dont un concept est capable lorsque l’on songe à la fabrication d’un piège : il est en tous points conçu en fonction de l’aspect, des mesures, du comportement et de la démarche d’un objet qui est seulement espéré, qui n’est pas présent et qu’il faut d’abord amener à être capturé et appréhendé. Cet objet est à son tour lié à des besoins qui ne sont pas ceux du jour même, qui ont donc une dimension temporelle. Une théorie anthropologique du concept est un réquisit urgent, car elle seule permet de prendre en compte sur un mode fonctionnel aussi bien la performance d’un concept que son déficit face à des exigences qui ne procèdent pas d’une forme de vie nomade, mais présupposent le loisir du sédentarisme. Car l’état de choses étonnant est que, certes, le concept est un produit de la vie des chasseurs et des nomades, mais la théorie, qui semble le condensé de ce que permettent de réaliser les concepts, a pour condition la sédentarité urbaine et la division du travail. » [4e de couverture]

 

*

 

[extrait pages 7-18]

Le concept passe pour un produit de la raison, voire son triomphe, ce qu'il est d'ailleurs. Mais cela n'autorise pas le renversement qui voudrait que la raison n'existe que lorsqu'elle parvient ou du moins ambitionne de rapporter au concept la réalité, la vie ou l'être - quelle que soit la manière dont on voudra nommer la totalité.

Il n'y a aucune identité entre raison et concept. Mais il serait incongru de dire que l'intention de la raison n'a rien à voir avec ce que réalise un concept. Il se pourrait que la performance d'un concept soit simplement partielle par rapport aux intentions de la raison qui semble toujours avoir en quelque manière affaire à la totalité.

Le concept a un certain rapport avec l'absence de son objet. Ce qui veut aussi dire : avec le manque d'une représentation achevée de l'objet. Ce rapport a été comparé à la relation entre deux organes sensoriels : la vue représente seulement la possibilité du toucher, du sentir, donc de la possession. La présence optique anticipe la tactile, même si elle se satisfait sans elle. La visibilité est le manque de tactilité en raison de la distance à l'objet. Si l'on se représente un accroissement éventuel de la distance - spatiale ou temporelle -, le concept seul demeure, qui, de son côté, représente toute l'échelle de ce qui est sensoriellement accessible. |

On pourrait dire que la raison serait le condensé de pareilles réalisations à distance, l'intégration de ce qui gît déjà dans le concept à titre de substitut de la présence. Donc aussi de ce qui ne peut devenir présent, parce qu'il n'appartient pas au mode de l'objet, comme le monde, le moi, le temps, l'espace (idées - règles, comme si elles étaient des objets).

Schopenhauer a pensé que grâce à la raison nous posséderions « une vue générale sur la vie, indépendamment du temps ; nous aurions en quelque sorte un schéma réduit, incolore, abstrait et mathématique du monde dans son entier [*1] ».

Le concept n'est pas un ersatz, mais, décevant les attentes philosophiques qui avaient misé sur lui, il ne réalise pas les intentions de la raison et satisfait seulement leur démarche, leur orientation décidée.

J'essaie de comprendre cela du point de vue anthropologique, générique. L'homme, l'être qui se met debout et quitte le domaine de la proche perception, franchit l'horizon de ses sens, est l'être de l'actio per distans. Il agit sur des objets qu'il ne perçoit pas. Dans les cavernes qui ont été ses premiers abris, il dessine sur les parois les objets de son désir et de sa lutte pour la vie. Le concept surgit dans la vie d'êtres qui sont chasseurs et nomades. Sans doute peut-on montrer le plus clairement ce dont un concept est capable lorsque l'on songe à la fabrication d'un piège : il est en tous points conçu en fonction de l'aspect, des mesures, du comportement et de la démarche d'un objet qui est seulement espéré, qui n'est pas présent et qu'il faut d'abord amener à être capturé et appréhendé. Cet objet est à son | tour lié à des besoins qui ne sont pas ceux du jour même, qui donc ont une dimension temporelle. Une théorie anthropologique du concept est un réquisit urgent, car elle seule permet de prendre en compte sur un mode fonctionnel aussi bien la performance d'un concept que son déficit face à des exigences qui ne procèdent pas d'une forme de vie nomade, mais présupposent le loisir du sédentarisme. Car l'état de choses étonnant est que, certes, le concept est un produit de la vie des chasseurs et des nomades, mais la théorie, qui semble le condensé de ce que permettent de réaliser les concepts, a pour condition la sédentarité urbaine et la division du travail.

Le concept ne peut pas tout ce qu'exige la raison. Non seulement il y a un hiatus entre les niveaux les plus élevés de formation des concepts et les exigences de la raison, mais il est nécessaire de réfléchir en se demandant si le parachèvement du concept ne freine pas, voire n'empêche que soient satisfaites ces exigences. En employant le lexique cartésien pour définir le concept, Lichtenberg a écrit ceci : « Réduire de nouveau les concepts clairs à des concepts évidents. » Qu'est-ce que cela veut dire ? Les termes « évident » et « clair » font partie de la désignation cartésienne, décisive à l'époque moderne, de la représentation d'abord, puis du concept selon la première règle du Discours de la méthode. C'est l'idéal de la parfaite objectivation et, reposant sur elle, de la terminologie parachevée. Parvenir à cet idéal irait de pair avec l'état dernier d'une langue philosophique comme langue purement conceptuelle au sens strict. De même qu'il n'y aurait plus de morale provisoire, plus rien de transitoire ne | subsisterait dans la conceptualité. Ces deux termes renvoient à ce que le dernier cartésien, Edmund Husserl, appelait « l'universalité de la coïncidence du langage et de la pensée » (Logique formelle et logique transcendantale, Halle, 1929, p. 22).

Le concept a surgi de l'actio per distans, de l'action à distance spatiale et temporelle. Pour ce qui concerne cette dernière, on constate aisément quelle différence existe entre la précision que peut avoir un récit sur un événement passé (des noms et des descriptions détaillées des événements peuvent y suffire) et l'entremêlement d'imprécision et de limitation caractéristique que doit être l'articulation d'une attente qui se rapporte à des événements et des objets possibles, lesquels restent à venir. Le concept doit comporter assez d'imprécision pour appréhender des expériences à venir, de telle manière que des points de vue adaptés qui y correspondraient puissent encore y être référés, quand subsistent dans le détail de ce qui est tout à fait concret quelques variations par rapport à des expériences passées. Le concept a besoin d'une marge de manœuvre pour tout ce qui, dans l'ordre concret, doit être assujetti à sa classification. Il doit bien sûr comporter assez de clarté pour parvenir à distinguer ce qui n'est pas du tout pertinent, mais son caractère exclusif ne saurait avoir l'étroitesse nécessaire au nom référé à l'individuel et son identité, nécessaire à la possibilité d'identifier. Dans cette mesure, le concept est moins l'instrument d'un être capable de mémoire que d'un être orienté vers la prévention : il cherche à maîtriser ce qui n'est pas encore immédiatement instant. Dans cette perspective, et du point de vue anthropologique et géné-|rique, l'idéal de clarté conceptuelle est celui de son rapport à l'élasticité de la marge de manœuvre au sein de laquelle un être concrètement perçu ou représenté doit encore être livré à tout ce qui, à partir de l'expérience et en fonction des caractéristiques de l'action, est disposé, préparé et préfiguré en termes de points de vue et de précautions.

L'idéal de clarté ressortit, en raison de son origine, à la distance spatiale. Il ne s'agit pas alors de définir les tolérances entre les bornes desquelles quelque chose doit finir par être connu et admis, mais de la condition de cet acte, eu égard à ce qui freine l'accommodation du regard en raison de l'éloignement ou de la proximité dans l'espace, et particulièrement en raison des perturbations de la vue que suscite le fait que la vie soit assignée à un milieu, à une ambiance. Entre la vie et l'optique règne la collision de leurs présupposés : l'idéal de l'optique est l'espace vide ne tolérant rien qui fasse obstacle à la lumière ; la vie présuppose une certaine compacité du milieu où l'on peut encore respirer. L'idéal de clarté a quelque rapport, de par son origine, avec cette antinomie de la situation optique.

L'être qui prend des précautions n'est pas nécessairement enclin à la socialité. Du point de vue anthropologique, on doit partir du fait que l'homme tient son origine d'une lignée de primates où, en raison d'un comportement prépondérant de fuite, les spécialisations destinées au combat corps à corps se sont perdues et où le gain d'espace a toujours assuré un avantage quant à la survie. Dans l'attitude préventive s'allient l'avantage du gain d'espace et les nécessités suscitées par la perte de la spécialisation adaptée au | combat physique rapproché. Le tournant de cette évolution ne peut être que le suivant : la fuite ne pouvant pas être prolongée ad libitum, l'animal en fuite se retrouve face à la nécessité de devoir, malgré son manque de dispositions physiologiques pour assurer un combat corps à corps, faire face et survivre à ceux qui le poursuivent. Le compromis consiste à agir à distance, en une actio per distans, l'action du lancer. Ce n'est pas un hasard si les dispositifs pour effectuer un lancer et les appareils de tir n'ont cessé, par la suite, de dominer l'histoire des actions humaines.

Si nous ne nous représentons la prévention, moins comme une nécessité instantanée, mais plutôt comme une notion, une esquisse, un plan dont on a une fois saisi toutes les ressources, l'élaboration d'un comportement préventif conduit nécessairement à la constitution de sociétés. L'animal en fuite qui se défend grâce à l'éloignement spatial et temporel, n'en est pas pour autant devenu un système organique capable d'affronter un combat rapproché, mais un organisme qui applique et élargit les capacités apprises par lui lors de la chasse de ses proies. Le piège est un acte effectué en l'absence de la proie comme en l'absence temporelle du chasseur. Le piège agit pour le chasseur au moment où il est lui-même absent cependant que le gibier est présent, tandis que l'installation du piège révèle un rapport inverse. Il est une attente devenue chose concrète. Dans cette mesure, le piège est le premier triomphe du concept. Puisqu'on doit retourner aux pièges pour en surveiller le succès comme pour en jouir, ils impliquent une certaine part de sédentarité. Le piège représente donc exactement la tolérance | entre précision et imprécision de l'objet référent qui ne peut être instaurée que par le concept. Que l'on se représente concrètement l'importance de la taille des mailles d'un filet de pêche dont dépend autant la nature des proies effectives que la préservation des stocks pour de prochaines campagnes. Mais un filet de pêche est élaboré de manière bien moins spécifique qu'ont dû l'être les pièges d'un chasseur de l'âge de pierre, si l'on songe que des mammouths devaient également y être pris.

Du fait que la chasse est, avec une spécialisation moindre, l'inversion du comportement primordial d'un animal en fuite, elle est devenue nécessairement une action favorisant la socialisation. Grâce à elle, le concept, enfin réalisé dans le langage, est devenu instrument d'un comportement organisé.

Beaucoup vont souffler et se dire, nous sommes définitivement parvenus à la socialisation, à la société et, du même coup, au salut. Il est cependant peu contestable que l'origine du concept ait quelque rapport avec des modes de comportement qui ont rendu nécessaire la socialisation ou qu'elle a autorisés, de même on ne pourra pas nier non plus que le concept soit tout aussi transitoire que la socialisation qui est simple moyen lors de la chasse ou de la prévention du combat aux fins de la survie. Naturellement, c'est un moyen de passer de la subjectivité à l'objectivité ce qui est inévitable dans toute intersubjectivité, dans toute socialisation. L'objectivité n'est pourtant pas un but, elle est d'abord un moyen pour être à même d'agir ensemble. L'élaboration d'une fosse pour un piège exige une communauté de représentation de ce qu'on est censé y | attraper. L'objectivité n'est pas encore l'état définitif d'une discrimination de l'animal. Schopenhauer écrit encore : « Les animaux sont courbés vers la terre parce qu'ils n'ont besoin de voir que ce qui les concerne et qu'ils ne peuvent jamais accéder à une considération proprement objective. » (Nachlass, I, 1814, p. 211 [*2]). Je me sers d'une ancienne formule humaniste pour faire clairement apparaître que l'érection de la marche et du regard, l'élargissement de l'horizon et, partant, de la possibilité d'objectiver ce qui n'est pas physiquement proche, ne représentent pas la valeur dernière du processus. L'antique anthropologie téléologique des Grecs et des Romains s'était rassemblée autour du principe selon lequel, chez l'homme, la station debout et la mobilité de la tête révélaient l'ultime intention qu'avait à son égard la nature : en faire un contemplateur du ciel. Ce qui veut dire que le regard n'est pas fixé sur l'horizon, spatial et temporel, pour attendre ce qui va arriver et pour agir sur ce qui surgit, mais que le regard, ayant accompli un mouvement à quatre-vingt-dix degrés pour quitter la direction du sol et parvenir à l'horizontal, va encore une fois accomplir une rotation à quatre-vingt-dix degrés et viser la voûte étoilée.

Il rencontre alors un objet dont les propriétés peuvent être ainsi définies : 1. il ne comporte aucun moment d'attente et de précaution tant que ne jouent aucun rôle ni la crainte d'apercevoir certains signes dans le ciel, ni la prédiction, qui va de pair avec elle, selon laquelle se manifesteront certains phénomènes célestes extraordinaires ; 2. l'objet est également inaccessible à tout type d'actions, de pratiques, de techniques ; c'est un objet purement théorique, il échappe | au quotidien et à ses exigences, il n'est référé à aucune pratique professionnelle ; 3. l'objet peut être certes clairement donné, mais ne l'est pas de manière évidente par la tradition (je vais expliquer cette différence), car cet objet est une totalité ou confine à la totalité du monde ; le regard vise le tout - chez les Grecs, les termes qui désignent le ciel et le monde sont synonymes. Le regard tourné vers le ciel ne change pas simplement d'objet lorsqu'il quitte l'horizon mondain de la vie ordinaire propre aux choses particulières et à la socialité, mais il s'élève au-delà de la particularité de ce qui est objet et de sa différenciation possible, pour viser le tout ultime qui peut être atteint même s'il est sans cesse tenu éloigné de cette totalité par de nouveaux phénomènes.

Pour les Grecs, contempler le ciel n'est pas seulement la contemplation d'un objet particulier et divin doté d'une valeur suprême, mais le cas paradigmatique de ce que la théorie doit être, de ce qui pour elle est en fin de compte décisif. L'idéal de la théorie est la contemplation du ciel comme d'un objet qu'on ne peut maîtriser, qui n'est pas à considérer comme un moyen. Ce qui ne peut plus être un moyen, c'est la totalité elle-même qui englobe les moyens.

Or ce n'est pas une simple ascension, vierge de conflits, de l'homme qui s'élève de son emprisonnement terrestre, de l'objectivation et de la formation conceptuelle vers la totalité, vers l'idéalité. C'est une représentation trop simple, développée par la métaphysique traditionnelle. A chacune de ces étapes, il y a la possibilité, le risque, le conflit, suscités par l'abandon de ce qui a été appelé, par une emphatique terminolo-|gie philosophique du contraste, « la vie », la réalité effective, le réalisme, la pratique, l'existence. À propos de la théorie pure, je rappelle l'anecdote de Thalès : le proto-philosophe et astronome Thalès de Milet, qui, de nuit, en plein air, observe les étoiles, tombe dans une citerne ; une fille de Thrace qui l'a remarqué se moque de lui et lui reproche de s'occuper des choses fort distantes qui sont au ciel, mais qu'il ne sait pas voir où il met les pieds ici-bas. Depuis plus de deux mille ans, on a dit là-dessus de fort belles choses et de fort intelligentes ; Platon a fait de cette anecdote le prototype de son Socrate, dont la philosophie lui fait méconnaître à ce point la pratique de la vie et de l'État que le conflit s'achève pour lui par la mort.

Ce qui se joue là, au cœur de cette anecdote, est un conflit dont les aspects sont multiples. Son versant anthropologique est que la théorie pure, son aspiration à la totalité du monde, n'est pas accessible sans s'aliéner au réalisme du monde pratique. Le rire de la servante thrace a sûrement été, à l'origine, d'ordre mythique : elle considère que les divinités souterraines de sa patrie thrace ont raison contre celui qui se voue aux étoiles, aux divinités supérieures, celles des Olympiens réunis dans la lumière. Mais son rire est aussi le rappel constant au réalisme, au retour vers la simple conscience de ce qui nous touche ou peut nous toucher, une injonction à se détourner de ce qui, dans le destin qui nous échoit, ne concerne personne.

Il faut considérer que les linéaments de ce type de théorie idéalisée se trouvent déjà dans la station debout. Même la précaution est toujours en excès par rapport à l'immédiateté, par rapport au fait d'en finir avec ce | qui est directement là. Un appareillage en vue de ce qui est virtuel doit avoir bien plus d'amplitude, être plus subtil, que celui qui s'attache à la réalité effective immédiate.

De par son origine, l'homme est lié au principe du superflu, du luxe. La station debout est au premier regard luxueuse : voir ce qui n'est pas encore présent, ce qui ne recèle aucune nécessité instante, exercer sa prévention à l'égard de ce qui est virtualité non incarnée, menace ou séduction potentielles, c'est toujours l'affaire d'une grande dépense, et ce n'est pas par hasard qu'on y perçoit le début de toutes les agressions, comme la possibilité qu'elles prennent fin. Parvenir finalement, en observant les phénomènes célestes, à une astronomie qui, comme dans la légende de Thalès de Milet, permet de prévoir une éclipse de soleil, est une précaution d'un genre si extrême qu'elle est en mesure de ne prévenir rien davantage que la simple peur de la soudaineté avec laquelle surgit un événement tel qu'une éclipse de soleil. S'affranchir de la peur nous semble être l'un des efforts les plus grands et les plus pénibles de l'histoire humaine. Mais au regard d'une considération biologique et réaliste, cela apparaît comme le moindre résultat d'une grande dépense.

Deux aspects apparaissent ici clairement, qui touchent à la différence entre concept et raison. Une formation conceptuelle anthropologique aura beaucoup de mal à définir l'affranchissement de la peur, sous le principe rationnel de la conservation de soi, comme un but effectif de l'histoire humaine. Qu'il s'agisse là d'une idée qui s'élève au-dessus du niveau de l'économie de la conservation, on ne sera prêt à le concéder | qu'à la condition d'admettre le droit de la théorie pure à se réaliser indépendamment du complexe de la conservation de la vie en tant que forme de la réalisation de la liberté, c'est-à-dire indépendamment du lien à la structure médiatrice des objets. La liberté par rapport à la peur et la liberté par rapport à l'objectivation instrumentale ne se déterminent pas réciproquement, mais sont analogues de par leur fonction, c'est-à-dire sont des idées de la raison pour des processus qui, de ce fait, peuvent être à long terme et se dérouler tout au long de l'histoire, parce que le minimum de conservation de l'espèce et de l'individu n'en dépend pas.

 

 

Notes du traducteur :

[*1]. Citation non identifiée.

[*2]. Cf A. Schopenhauer, Der handschriflliche Nachlass, 5 vol. , éd. Arthur Hübscher, Suhrkamp, Francfort/M., 1966-1975.

 

 

Hans Blumenberg - Théorie de l’inconceptualité – Eclat 2017
Tag(s) : #livres importants, #modernité, #anthropologie
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